La justice qualifie les rafles du Vieux-Port de 1943 de crimes contre l’humanité
Une reconnaissance historique pour les victimes
Ce mercredi 30 septembre 2026 marque un tournant judiciaire concernant les événements survenus à Marseille durant la Seconde Guerre mondiale. Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a officiellement qualifié les rafles du Vieux-Port de « crime contre l’humanité ». Cette décision fait suite à une enquête de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (Oclch) ouverte en 2019, après une plainte déposée par l’avocat Pascal Luongo, entouré de 19 survivants et descendants, selon 20minutes.fr.
L’opération Sultan : une tragédie méconnue
Entre le 22 et le 24 janvier 1943, l’opération dite « Sultan » a conduit à l’expulsion forcée de 20 000 habitants du quartier Saint-Jean, surnommé « la petite Naples ». Ce quartier populaire, cosmopolite et majoritairement composé d’immigrés, a été totalement dynamité par les nazis avec la collaboration active du régime de Vichy. L’enquête confirme le caractère criminel de ces actes, visant des populations alors considérées par les autorités comme des « sous-habitants » ou des « parasites ».
Le bilan humain demeure lourd : 1 600 personnes ont été déportées, dont 800 juifs envoyés vers les camps d’extermination nazis. Des milliers d’autres ont transité par des camps de rétention, comme celui de Fréjus, dans des conditions d’une extrême précarité. Si aucun responsable n’a pu être identifié comme étant encore en vie, cette reconnaissance judiciaire apporte, selon les familles de victimes, une réparation morale indispensable pour une page d’histoire longtemps restée dans l’ombre.
Source : 20minutes.fr
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