Métropole AMP : les élus contestent un modèle jugé à bout de souffle
La crise budgétaire de la métropole Aix-Marseille-Provence ravive le débat sur son avenir. Jeudi 15 octobre, les 92 maires devaient s’accorder sur la manière de combler un déficit de 53 millions d’euros prévu en 2026. La solution envisagée repose sur l’endettement, ce qui reporte le dilemme financier à 2027.
La métropole avait été placée sous tutelle de l’État au printemps. Mais au-delà du budget, plusieurs élus contestent désormais le fonctionnement même de cette intercommunalité, née le 1er janvier 2016 et réunissant 92 communes.
Une métropole jugée trop vaste et trop dispersée
Le maire de Marseille Benoît Payan estime que l’institution est arrivée en fin de cycle. À Aix-en-Provence, Sophie Joissains s’est également dite prête à quitter la métropole avec d’autres communes si cela était possible. Le maire d’Istres, Robin Prétot, dénonce un ensemble trop vaste, aux compétences trop nombreuses et éclatées.
Pour lui, l’échelon métropolitain devrait se concentrer sur les transports, l’économie et l’aménagement du territoire, plutôt que sur des interventions locales comme l’éclairage public ou la voirie.
Marseille au cœur des tensions territoriales
La métropole couvre presque tout le département des Bouches-du-Rhône. Jérôme Dubois, professeur en aménagement et urbanisme à Aix-Marseille-Université, souligne les écarts entre l’Ouest industriel de l’Étang-de-Berre, Aix-en-Provence, la vallée de l’Arc et Marseille.
Selon lui, la relation entre Marseille et les communes périphériques pèse sur le fonctionnement de l’ensemble. Des élus considèrent que la métropole a été conçue pour faire contribuer les communes autour de Marseille aux dépenses liées notamment aux transports, aux écoles et au logement. Le chercheur rappelle toutefois que l’État mobilise des moyens importants sur Marseille depuis le lancement de Marseille en grand en 2021.
Il avertit aussi qu’un retour à la seule échelle communale serait peu adapté à un territoire où les enjeux sont imbriqués. La métropole a, selon lui, permis des avancées dans les transports, le développement économique et la mise en valeur des paysages. Le gouvernement a confié un audit à des personnalités extérieures, dont l’ancien ministre Dominique Bussereau, rapporte nicematin.com.
Source : nicematin.com
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