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Rue d’Aubagne, procès en appel : l’expert Bernard Bart recense seize occasions manquées

Émilien Caradec 2 min de lecture
Rue d'Aubagne, procès en appel : l'expert Bernard Bart recense seize occasions manquées

À Marseille, l’architecte et expert Bernard Bart a décrit mercredi 4 novembre, devant la cour d’appel, les alertes qui ont précédé les effondrements de la rue d’Aubagne. Le 5 novembre 2018 au matin, les immeubles des numéros 63 et 65 s’étaient écroulés, faisant huit morts parmi les occupants du 65.

Désigné le jour du drame, Bernard Bart a expliqué que les bâtiments des 63, 65 et 67 étaient interdépendants. Construits dans la seconde moitié du XVIIe siècle, ils avaient fait l’objet de procédures et d’expertises judiciaires civiles depuis 2005. Selon lui, « les différentes expertises, les avertissements donnés démontrent l’évidence d’un potentiel effondrement, l’imminence du sinistre à venir ».

L’expert a relevé de profondes lézardes sur les façades, les effets de l’humidité sur une longue période et un défaut d’entretien. Parmi les seize occasions manquées qu’il recense figurent un projet de réhabilitation du 67 lancé en 2012 et jamais mené à son terme, et un projet de microcrèche de la Ville de Marseille au 63, avorté en 2017 après un refus de permis de construire. Le 63, inoccupé, appartenait à la société d’aménagement de la Ville ; le 65 était une copropriété.

Les quinze prévenus comparaissent de nouveau notamment pour homicides et blessures involontaires ; il est également reproché à certains d’avoir soumis des personnes vulnérables à des conditions de logement indignes. Le même jour, Gilbert Ardilly, propriétaire de l’appartement d’une des victimes, condamné en première instance à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme, a contesté être un marchand de sommeil : « On ne savait pas que c’était dangereux au point de s’effondrer. » Jean-François Valentin, qui administrait la copropriété pour le syndic cabinet Liautard, a affirmé avoir fait tout ce qui était possible. Richard Carta, expert désigné par le tribunal administratif le 18 octobre 2018, conteste toute faute pénale. Il affirme n’avoir relevé aucun élément justifiant l’évacuation des habitants.

Ouvert lundi 2 novembre à la caserne du Muy (Marseille, 3e arrondissement), dans une salle de 400 places, sous la présidence de Fabrice Naudé, le procès réunit 106 parties civiles. Les audiences sont prévues jusqu’au 18 décembre, soit sept semaines. La décision de la cour est attendue courant 2027. Les proches des victimes doivent se recueillir jeudi 5 novembre à l’heure des effondrements.

Émilien Caradec

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